Les prix de l'or et la volatilité des marchés: là où s'arrête la rationalité
Essai sur l'hystérie financière st ses conséquences sur les marchés: la " Finance comportementale ".
Les prix de l'or et la volatilité des marchés: là où s'arrête la rationalité.
Au vu des fluctuations extrêmes des prix observées ces derniers temps sur les marchés financiers et de la hausse presque persistante des prix, plus spécifiquement de l'or, nombreux sont ceux qui approuveraient la théorie de Benjamin Graham du marché maniacodépressif - dont l'humeur oscille entre euphorie et désespoir - sans aucune réserve; elle trouve, en réalité, un large écho parmi un grand nombre de conseils et stratégistes financiers.
Notre tendance à " surréagir " aux nouvelles inattendues ou graves entraîne des réactions excessives des marchés boursiers et se traduit par des hausses, ou des baisses, de prix des actifs au-delà de leur juste valeur, ayant comme objectif de faire mieux que son voisin.
De surcroît, des chercheurs de renommée internationale soutiennent qu'il y aurait une relation…preuves statistiques et modèles mathématiques à l'appui (!), entre tempêtes solaires, orages magnétiques et cracks boursiers !
Ces périodes des " troubles " spatiaux, caractérisées par des perturbations de la magnétosphère terrestre, auraient une influence sur les opérateurs et les investisseurs en les rendant plus enclins à l'anxiété et à la dépression, qui à leur tour les induisent à assumer des risques inconsidérés. (" Playing the Field: Geomagnetic Storms and the Stock Market ". A. Krivelyova and C. Robotti. Boston College - Federal Reserve Bank of Atlanta).
Si, en plus, on prend en compte que la NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration) prévoie une intensification des tempêtes solaires jusqu'à un pic en 2013…les angoissés et autres investisseurs d'un naturel paroxystique ont de beaux jours devant eux!
Les mouvements ont acquis un constant caractère erratique résolument irrationnel.
C'est un phénomène psychologique et certainement pas un excès informatique, comme quelque commentateur voudrait faire croire à son public, les " High Frequency Trading " et le " Flash Trading " étant des épiphénomènes.
Le caractère différentiel
L'histoire nous enseigne que les acteurs du marché résistent rarement aux sirènes de l'euphorie collective ou aux mouvements de panique. D'éminents universitaires et praticiens sont de plus en plus convaincus que cette « folie des gens » - ou psychologie de l'investisseur - joue un rôle majeur dans les fluctuations des marchés. Nous avons défini plus simplement ce syndrome par le nom de: " Effet foule ".
Si la peur du lendemain habite, désormais, les esprits de (presque) tous les investisseurs parvenus elle ne fait qu'alimenter le pessimisme ambiant d'aujourd'hui en conditionnant les mouvements des masses financières leur ôtant tout sens de lucidité et courage pour " tenir "… jusqu'au lendemain.
Plus les marchés financiers se sont multipliés et " ouverts " au plus grand nombre plus la quantité d'intervenants de tout bord - les masses ayant historiquement su garder un des principes de leur existence: celui de la pression incontrôlable et destructrice - prime sur la qualité des mécanismes financiers et de la stabilité des opérations.
Plus ces mêmes masses ont succombé précipitamment au chant captieux du monde de la finance virtuelle plus les " bulles " se sont créées et sont venues grossir du matin au soir les torrents impétueux de la spéculation…où les gains et, surtout, les pertes sont bien réelles et concrètes.
Leur insouciance instinctuelle collective conditionne, évidemment, les paramètres de formation de leurs décisions qui par effet de l'interaction mutuelle contribuent au bannissement de tout instinct (financier) autonome de survie; ni aucun d'eux garde à l'esprit qu'il est plus difficile de regagner ce qu'on a perdu que perdre ce qu'on a gagné.
Si la multitude attirée par le marché de l'or excelle par son extrême réactivité financière, aussi bien à la hausse qu'à la baisse, et par sa perméabilité à tous événements impromptus, on a constaté que sa réaction est d'autant plus précipitée que sa peur d'une nouvelle récession mondiale lui fait adopter des comportements psychiques souvent " inconscients " qui forment masse critique et deviennent phénomènes collectifs.
Le panurgisme a fait ses preuves et il a été maintes fois démontré concrètement.
La finance comportementale, discipline assez nouvelle de la théorie financière, tient compte des impulsions incontrôlées à la base des décisions de placement et tente d'expliquer leur impact sur les marchés financiers. En nous aidant à identifier nos biais psychologiques et à prendre des décisions de placement plus rationnelles, cette théorie peut s'avérer très utile. Toutefois, le débat fait toujours rage parmi les universitaires quant à savoir qui de la finance comportementale ou traditionnelle est mieux à même d'expliquer ce qui motive nos décisions de placement. Des études allant au-delà de la science sociale et intégrant les connaissances issues de la neuroscience pourraient nous permettre de mieux appréhender ce processus complexe.
Si la course à la préservation du patrimoine conduit inexorablement à l'or, comme refuge ultime, cette ambition effrénée est constamment tentée d'abuser de ses moyens et devient un élément dominant du délire (délire ambitieux) caractérisant des choix financiers illogiques - comme dans le cas de l'or: l'engouement pour l'or-papier - et, plus généralement, immotivés.
L'art de ne pas se duper soi-même
La finance comportementale présuppose que les acteurs du marché n'agissent pas rationnellement, mais sous l'influence de quatre biais psychologiques liés aux mécanismes cognitifs menant à la décision, lesquels s'appuient souvent sur des règles empiriques pour traiter efficacement les informations, processus pas nécessairement utile pour la prise de décisions de placement. Ces biais entrant en conflit avec la capacité de prendre des décisions de placement rationnelles sont l'excès de confiance, le biais de jugement, la pression sociale et l'aversion aux pertes.
1. Excès de confiance
Phénomène largement observé chez les acteurs des marchés financiers, l'excès de confiance ne se limite toutefois pas à la seule activité de placement: 70% des conducteurs sont par exemple persuadés de rouler mieux que la moyenne. De même, les investisseurs surestiment souvent leurs compétences en matière de sélection d'actions ou connaissances du monde de l'investissement en or, sentiment de supériorité accru par le jeu de la mémoire sélective: mauvaises transactions attribuées à la malchance et bonnes opérations à l'habileté !
Pareillement, le pullulement d'intervenants, acteurs, spécialistes ès…, etc. dans le marché de l'or, aussi bien boursier que physique, engendre chez certains tribuns et leurs auditoires des certitudes aussi inébranlables que l'historique de leur expérience est éphémère.
De plus, les acteurs du marché surévaluent souvent leur capacité à prévoir l'issue d'événements futurs (taux de croissance des bénéfices d'entreprise ou phénomènes structurels spécifiques pour l'or, par exemple), ce qui les conduit à fixer des marges de confiance trop étroites ou bien trop généreuses pour leurs prévisions. Ils pratiquent fréquemment l'overtrading - source de coûts élevés - et sont surpris du décalage entre les bénéfices effectifs et ceux escomptés. Sans parler de leur naturelle propension au " sauve-qui-peut " dès les simples esquisses avant-coureuses d'un quelconque bruissement financier.
2. Biais de jugement
Le biais de jugement est généralement le fait d'individus accordant plus de poids que nécessaire aux expériences récentes - aucun d'eux n'ayant souvent un quelconque passé intellectif et professionnel spécifique - et s'observe après de fortes corrections des marchés: les investisseurs accordent beaucoup de poids à leur récente expérience et délaissent les actions au profit des actifs sans risque ou des liquidités, négligeant le fait que tous les " produits " financiers ont gagné en attrait après leur chute. Ils ne réalisent que progressivement leur excès de prudence et ne reviennent aux actifs plus risqués qu'après une longue période de performance positive du marché. Ce phénomène s'est produit après l'effondrement du marché en 2008-2009, où les positions en liquidités sont restées à des niveaux record durant plus d'un an, alors que les actions généraient des rendements attractifs.
3. Pression sociale
La pression sociale est l'un des plus puissants moteurs de la prise de décision, on peut appeler cette attitude: " Frénésie sociale ". Rester à l'écart du marché durant la formation d'une bulle peut sembler très douloureux pour certains, notamment si d'autres s'enrichissent rapidement. Cette impression de « rater la fête » conduit les investisseurs - surtout le nouveau vulgus œconomicus - à investir dans des marchés devenus hautement dangereux. De même, les investisseurs expérimentés peuvent à juste titre décider de ne pas prendre de position contraire et de « jouer » la bulle pendant un certain temps, tout en gérant prudemment le risque de baisse.
La plupart du vulgum pecus en fera, en conclusion, les frais en voyant ses investissements exploser avec l'éclatement de la bulle quand les investisseurs expérimentés auront déjà vogué vers d'autres opportunités boursières à l'abri de tout embourbement.
4. Aversion aux pertes
Les recherches montrent que convertir une perte sur papier en perte réelle (à savoir vendre une action, un actif ayant perdu en valeur) est une expérience des plus douloureuses pour les investisseurs, d'où leur tendance - guère surprenante - à agir en catastrophe sans se soucier des positions en perte, leur seul but étant de se persuader de limiter les pertes… en aggravant ainsi la volatilité des marchés. Par exemple, il est rarissime qu'une position ouverte pour tirer profit d'un thème à court terme, dans l'esprit de l'investisseur, se métamorphose en placement à long terme, même après la disparition de ce thème. L'aversion au bon sens et à la patience boursiers empêchent souvent les nouveaux acteurs du marché de saisir des opportunités plus prometteuses et conduit les investisseurs spasmodiques à prendre de plus grands risques pour compenser les éventuelles pertes… futures.
La finance comportementale appliquée au processus de placement.
Au vu du rôle majeur joué par ces biais psychologiques dans les décisions de placement, la finance comportementale devrait avoir sa place dans le processus d'investissement. Etablir des procédures strictes peut aider les investisseurs et gérants de fonds à éviter les pièges comportementaux et l'excès de confiance. Les portefeuilles devraient être contrôlés régulièrement et les investisseurs alertés des concentrations de risques. En cas de modifications substantielles de leur fortune ou de leur situation personnelle, les investisseurs devraient reconsidérer leur allocation d'actifs.
De même, se positionner à contre-pied d'une tendance majeure peut s'avérer risqué, le marché pouvant rester irrationnel plus longtemps que les investisseurs rester liquides. Le recours systématique à l'analyse technique, à la modélisation quantitative des bulles et aux données de flux financiers peut permettre aux investisseurs d'évaluer la durée pendant laquelle « suivre la meute », pour mieux dire « troupeau », mais aussi, si une position contraire ou des opérations de couverture sont plus judicieuses.
Enfin, la mise en place de règles " stop loss " contribue à réduire l'aversion aux pertes créée par l'attachement émotionnel à certaines positions et empêche les investisseurs - fort d'un conseil d'un apprenti sorcier des temps nouveaux - de s'orienter vers des opérations qui pourraient leur sembler attrayantes mais fortement hasardeuses in fine.
Au vu des fluctuations extrêmes des prix observées ces derniers temps sur les marchés financiers et de la hausse presque persistante des prix, plus spécifiquement de l'or, nombreux sont ceux qui approuveraient la théorie de Benjamin Graham du marché maniacodépressif - dont l'humeur oscille entre euphorie et désespoir - sans aucune réserve; elle trouve, en réalité, un large écho parmi un grand nombre de conseils et stratégistes financiers.
Notre tendance à " surréagir " aux nouvelles inattendues ou graves entraîne des réactions excessives des marchés boursiers et se traduit par des hausses, ou des baisses, de prix des actifs au-delà de leur juste valeur, ayant comme objectif de faire mieux que son voisin.
De surcroît, des chercheurs de renommée internationale soutiennent qu'il y aurait une relation…preuves statistiques et modèles mathématiques à l'appui (!), entre tempêtes solaires, orages magnétiques et cracks boursiers !
Ces périodes des " troubles " spatiaux, caractérisées par des perturbations de la magnétosphère terrestre, auraient une influence sur les opérateurs et les investisseurs en les rendant plus enclins à l'anxiété et à la dépression, qui à leur tour les induisent à assumer des risques inconsidérés. (" Playing the Field: Geomagnetic Storms and the Stock Market ". A. Krivelyova and C. Robotti. Boston College - Federal Reserve Bank of Atlanta).
Si, en plus, on prend en compte que la NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration) prévoie une intensification des tempêtes solaires jusqu'à un pic en 2013…les angoissés et autres investisseurs d'un naturel paroxystique ont de beaux jours devant eux!
Les mouvements ont acquis un constant caractère erratique résolument irrationnel.
C'est un phénomène psychologique et certainement pas un excès informatique, comme quelque commentateur voudrait faire croire à son public, les " High Frequency Trading " et le " Flash Trading " étant des épiphénomènes.
Le caractère différentiel
L'histoire nous enseigne que les acteurs du marché résistent rarement aux sirènes de l'euphorie collective ou aux mouvements de panique. D'éminents universitaires et praticiens sont de plus en plus convaincus que cette « folie des gens » - ou psychologie de l'investisseur - joue un rôle majeur dans les fluctuations des marchés. Nous avons défini plus simplement ce syndrome par le nom de: " Effet foule ".
Si la peur du lendemain habite, désormais, les esprits de (presque) tous les investisseurs parvenus elle ne fait qu'alimenter le pessimisme ambiant d'aujourd'hui en conditionnant les mouvements des masses financières leur ôtant tout sens de lucidité et courage pour " tenir "… jusqu'au lendemain.
Plus les marchés financiers se sont multipliés et " ouverts " au plus grand nombre plus la quantité d'intervenants de tout bord - les masses ayant historiquement su garder un des principes de leur existence: celui de la pression incontrôlable et destructrice - prime sur la qualité des mécanismes financiers et de la stabilité des opérations.
Plus ces mêmes masses ont succombé précipitamment au chant captieux du monde de la finance virtuelle plus les " bulles " se sont créées et sont venues grossir du matin au soir les torrents impétueux de la spéculation…où les gains et, surtout, les pertes sont bien réelles et concrètes.
Leur insouciance instinctuelle collective conditionne, évidemment, les paramètres de formation de leurs décisions qui par effet de l'interaction mutuelle contribuent au bannissement de tout instinct (financier) autonome de survie; ni aucun d'eux garde à l'esprit qu'il est plus difficile de regagner ce qu'on a perdu que perdre ce qu'on a gagné.
Si la multitude attirée par le marché de l'or excelle par son extrême réactivité financière, aussi bien à la hausse qu'à la baisse, et par sa perméabilité à tous événements impromptus, on a constaté que sa réaction est d'autant plus précipitée que sa peur d'une nouvelle récession mondiale lui fait adopter des comportements psychiques souvent " inconscients " qui forment masse critique et deviennent phénomènes collectifs.
Le panurgisme a fait ses preuves et il a été maintes fois démontré concrètement.
La finance comportementale, discipline assez nouvelle de la théorie financière, tient compte des impulsions incontrôlées à la base des décisions de placement et tente d'expliquer leur impact sur les marchés financiers. En nous aidant à identifier nos biais psychologiques et à prendre des décisions de placement plus rationnelles, cette théorie peut s'avérer très utile. Toutefois, le débat fait toujours rage parmi les universitaires quant à savoir qui de la finance comportementale ou traditionnelle est mieux à même d'expliquer ce qui motive nos décisions de placement. Des études allant au-delà de la science sociale et intégrant les connaissances issues de la neuroscience pourraient nous permettre de mieux appréhender ce processus complexe.
Si la course à la préservation du patrimoine conduit inexorablement à l'or, comme refuge ultime, cette ambition effrénée est constamment tentée d'abuser de ses moyens et devient un élément dominant du délire (délire ambitieux) caractérisant des choix financiers illogiques - comme dans le cas de l'or: l'engouement pour l'or-papier - et, plus généralement, immotivés.
L'art de ne pas se duper soi-même
La finance comportementale présuppose que les acteurs du marché n'agissent pas rationnellement, mais sous l'influence de quatre biais psychologiques liés aux mécanismes cognitifs menant à la décision, lesquels s'appuient souvent sur des règles empiriques pour traiter efficacement les informations, processus pas nécessairement utile pour la prise de décisions de placement. Ces biais entrant en conflit avec la capacité de prendre des décisions de placement rationnelles sont l'excès de confiance, le biais de jugement, la pression sociale et l'aversion aux pertes.
1. Excès de confiance
Phénomène largement observé chez les acteurs des marchés financiers, l'excès de confiance ne se limite toutefois pas à la seule activité de placement: 70% des conducteurs sont par exemple persuadés de rouler mieux que la moyenne. De même, les investisseurs surestiment souvent leurs compétences en matière de sélection d'actions ou connaissances du monde de l'investissement en or, sentiment de supériorité accru par le jeu de la mémoire sélective: mauvaises transactions attribuées à la malchance et bonnes opérations à l'habileté !
Pareillement, le pullulement d'intervenants, acteurs, spécialistes ès…, etc. dans le marché de l'or, aussi bien boursier que physique, engendre chez certains tribuns et leurs auditoires des certitudes aussi inébranlables que l'historique de leur expérience est éphémère.
De plus, les acteurs du marché surévaluent souvent leur capacité à prévoir l'issue d'événements futurs (taux de croissance des bénéfices d'entreprise ou phénomènes structurels spécifiques pour l'or, par exemple), ce qui les conduit à fixer des marges de confiance trop étroites ou bien trop généreuses pour leurs prévisions. Ils pratiquent fréquemment l'overtrading - source de coûts élevés - et sont surpris du décalage entre les bénéfices effectifs et ceux escomptés. Sans parler de leur naturelle propension au " sauve-qui-peut " dès les simples esquisses avant-coureuses d'un quelconque bruissement financier.
2. Biais de jugement
Le biais de jugement est généralement le fait d'individus accordant plus de poids que nécessaire aux expériences récentes - aucun d'eux n'ayant souvent un quelconque passé intellectif et professionnel spécifique - et s'observe après de fortes corrections des marchés: les investisseurs accordent beaucoup de poids à leur récente expérience et délaissent les actions au profit des actifs sans risque ou des liquidités, négligeant le fait que tous les " produits " financiers ont gagné en attrait après leur chute. Ils ne réalisent que progressivement leur excès de prudence et ne reviennent aux actifs plus risqués qu'après une longue période de performance positive du marché. Ce phénomène s'est produit après l'effondrement du marché en 2008-2009, où les positions en liquidités sont restées à des niveaux record durant plus d'un an, alors que les actions généraient des rendements attractifs.
3. Pression sociale
La pression sociale est l'un des plus puissants moteurs de la prise de décision, on peut appeler cette attitude: " Frénésie sociale ". Rester à l'écart du marché durant la formation d'une bulle peut sembler très douloureux pour certains, notamment si d'autres s'enrichissent rapidement. Cette impression de « rater la fête » conduit les investisseurs - surtout le nouveau vulgus œconomicus - à investir dans des marchés devenus hautement dangereux. De même, les investisseurs expérimentés peuvent à juste titre décider de ne pas prendre de position contraire et de « jouer » la bulle pendant un certain temps, tout en gérant prudemment le risque de baisse.
La plupart du vulgum pecus en fera, en conclusion, les frais en voyant ses investissements exploser avec l'éclatement de la bulle quand les investisseurs expérimentés auront déjà vogué vers d'autres opportunités boursières à l'abri de tout embourbement.
4. Aversion aux pertes
Les recherches montrent que convertir une perte sur papier en perte réelle (à savoir vendre une action, un actif ayant perdu en valeur) est une expérience des plus douloureuses pour les investisseurs, d'où leur tendance - guère surprenante - à agir en catastrophe sans se soucier des positions en perte, leur seul but étant de se persuader de limiter les pertes… en aggravant ainsi la volatilité des marchés. Par exemple, il est rarissime qu'une position ouverte pour tirer profit d'un thème à court terme, dans l'esprit de l'investisseur, se métamorphose en placement à long terme, même après la disparition de ce thème. L'aversion au bon sens et à la patience boursiers empêchent souvent les nouveaux acteurs du marché de saisir des opportunités plus prometteuses et conduit les investisseurs spasmodiques à prendre de plus grands risques pour compenser les éventuelles pertes… futures.
La finance comportementale appliquée au processus de placement.
Au vu du rôle majeur joué par ces biais psychologiques dans les décisions de placement, la finance comportementale devrait avoir sa place dans le processus d'investissement. Etablir des procédures strictes peut aider les investisseurs et gérants de fonds à éviter les pièges comportementaux et l'excès de confiance. Les portefeuilles devraient être contrôlés régulièrement et les investisseurs alertés des concentrations de risques. En cas de modifications substantielles de leur fortune ou de leur situation personnelle, les investisseurs devraient reconsidérer leur allocation d'actifs.
De même, se positionner à contre-pied d'une tendance majeure peut s'avérer risqué, le marché pouvant rester irrationnel plus longtemps que les investisseurs rester liquides. Le recours systématique à l'analyse technique, à la modélisation quantitative des bulles et aux données de flux financiers peut permettre aux investisseurs d'évaluer la durée pendant laquelle « suivre la meute », pour mieux dire « troupeau », mais aussi, si une position contraire ou des opérations de couverture sont plus judicieuses.
Enfin, la mise en place de règles " stop loss " contribue à réduire l'aversion aux pertes créée par l'attachement émotionnel à certaines positions et empêche les investisseurs - fort d'un conseil d'un apprenti sorcier des temps nouveaux - de s'orienter vers des opérations qui pourraient leur sembler attrayantes mais fortement hasardeuses in fine.
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